En ce début d’automne, il est temps de préparer son corps à traverser la saison hivernale avec sa cohorte de microbes et de virus. L’épidémie de Covid-19 a démontré l’importance capitale d’avoir un système immunitaire bien portant et actif.

Si l’immunité est un patrimoine commun à tous, elle fluctue sensiblement selon les particularités de chacun.

J’ai donc choisi de détailler certaines fragilités fréquentes pour vous donner la possibilité de remonter vos défenses de manière concrète et ciblée.

N’ayez pas peur des virus

 

Un premier conseil :

Il ne faut pas avoir peur de l’expérience virale ni de celle du Covid-19, l’important c’est surtout de s’y préparer ! Il est impossible d’empêcher un virus de circuler, mais on peut le ralentir. Nous avons chacun un pouvoir d’action avec la prévention

(Dr Éric LORRAIN, médecin et phytothérapeute).

 

Et prévenir passe déjà par tester votre niveau immunitaire. Pour cela, certains signes peuvent vous alerter sur un affaiblissement des défenses immunitaires.

Si vous cochez plusieurs des cases du test suivant, vous êtes probablement concerné par cet article !

  • votre sommeil n’est ni bon ni réparateur, vous vous réveillez souvent fatigué
  • vous avez très souvent des troubles digestifs (selles molles, diarrhées), voire chroniques
  • vous faites des infections à répétition : ORL, gastro-entérites, cystites, candidoses… une ou deux fois dans l’hiver c’est normal, mais il faut rester vigilant si c’est plus souvent
  • vous vous essoufflez rapidement vous sentez une capacité respiratoire restreinte
  • vous ressentez un stress avec une sensation de grande fatigue morale au physique. Attention au syndrome d’épuisement !

Si vous cumulez de la fatigue chronique avec des infections à répétition, si vous avez souvent des troubles digestifs ou que vous êtes en surpoids, votre immunité n’est certainement pas au mieux de sa forme.

L'alimentation aide à construire notre immunité

Première alerte : le syndrome d’épuisement

Pour le Dr Eric LORRAIN, un des premiers clignotants à surveiller est le syndrome d’épuisement :

Je vois souvent arriver des patients avec des troubles du sommeil, du stress, du surmenage, des palpitations et de la tension nerveuse, et souvent ils ne s’en rendent pas compte. Or, ces troubles induisent une dérégulation conjointe de la mélatonine et du cortisol, ce qui pompe beaucoup dans les réserves immunitaires et peut ouvrir la porte aux infections.

Pour rappel, les barrières du système immunitaire actives contre les virus de type Covid-19 sont constituées des muqueuses nasale, buccale, pulmonaire et surtout intestinale (60 à 70% des défenses). Cette dernière joue le rôle de coordinateur centrale entre les microbiotes muqueux :

Tous les microbiotes sont corrélés au système digestif, donc si celui-ci est en mauvaise santé, cela va se répercuter sur les autres. Il faut avoir un microbiote digestif en bon état car c’est lui qui éduque les défenses immunitaires locales et le système général.

Si cette règle immunitaire est valable pour tout le monde, il est nécessaire de prendre en compte les fragilités ou les pathologies qui affectent certaines barrières plus que d’autres. C’est le cas de l’obésité qui a montré sa vulnérabilité particulière au coronavirus.

Je vais donc vous présenter 3 grands profils spécifiques, et les conseils correspondants.

Profil 1 : j’ai une tension un peu élevée

 

L’hypertension est la maladie cardio-vasculaire la plus fréquente. En France, un adulte sur trois est concerné, selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM).

Si l’hypertension n’est pas canalisée, on peut développer d’autres maladies et affaiblir son système cardio-vasculaire. Le régime Dash (Dietary Approach to stop hypertension : approche diététique à but de stopper l’hypertension) est très efficace pour les hypertensions légères ou modérées. Il permet de diminuer la gravité de la pathologie et la prise des traitements.

Ce régime repose sur une base de fruits et légumes frais et secs, de graines et d’oléagineux, de céréales complètes (ou semi-complètes pour les intestins les plus fragiles), et de produits laitiers de chèvre ou de brebis, à faible teneur en matières grasses. On restreint les protéines d’origine animale, les mauvaises graisses et les produits sucrés. Ce régime est très favorable aussi aux personnes diabétiques.

Côté phytothérapie, certaines plantes possèdent des vertus hypotensives que l’on combinera au régime alimentaire : aubépine, ail, feuilles d’olivier.

Immunité des personnes ayant de la tension

Profil 2 : je suis en surpoids

 

Immunité des personnes en surpoids

L’obésité (indice de masse corporelle supérieur à 30) concerne 17% des français. Cette maladie fragilise énormément l’organisme et le rend très vulnérable aux infections.

Même si les personnes en surpoids (IMC supérieur à 25) sont moins exposées à des complications sévères liées aux virus, dans les deux cas il faut faire baisser le syndrome inflammatoire. Pour cela, on peut compter sur les bienfaits du régime méditerranéen à base de fruits, de légumes, de fibres, de légumineuses et de poissons.

Et mettre en avant les aliments riches en inuline comme l’oignon, l’artichaut, l’ail, le poireau, l’endive, la chicorée, qui vont augmenter les taux d’acide gras à chaine courte, synthétisés par le microbiote, particulièrement bénéfique pour le système immunitaire.

Profil 3 : j’ai un souci de dysbiose intestinale

La dysbiose désigne un déséquilibre au niveau de la microflore intestinale. En clair, les bonnes bactéries de notre microbiote diminuent au profit de bactéries plus néfastes. Cette dysbiose produit une inflammation qui peut amener d’autres pathologies : les personnes en dysbiose peuvent avoir des troubles digestifs chroniques, ainsi que des troubles métaboliques du type diabète ou stéatose hépatique non alcoolique.

Les dysbioses sont à surveiller, car ce sont des personnes qui ont tendance à prendre du poids avec un risque d’obésité. La priorité c’est vraiment de rééquilibrer l’alimentation. Il est prouvé que les excès de sucre, protéines animales, acides gras saturés, céréales raffinées, sel, alcool et fructose dérivé du maïs diminuent la diversité du microbiote, fragilisant ensuite le système immunitaire.

Il faut donc revégétaliser son alimentation, augmenter les apports vitaminiques, les minéraux, les micro-nutriments et les anti-oxydants. Un régime idéal aussi en cas de diabète, car en mangeant plus de fruits et légumes, on aura un index glycémique bas et on agira à la fois sur le plan métabolique et sur l’inflammation.

Immunité des personnes ayant des problèmes intestinaux

En cas de carence, une supplémentation en zinc, vitamines D et C sera nécessaire. Il faut également insister sur l’importance des aliments prébiotiques et lacto-fermentés, à compléter avec des souches probiotiques adaptées, qui vont venir soutenir efficacement le microbiote intestinal.

Zoom sur le Covid-19

Plusieurs études très récentes publiées sur le site du Vidal montrent clairement que le Covid-19 est avant tout une affection nasale qui peut s’étendre sous conditions à la zone pulmonaire. Selon une étude suisse, une réaction immunitaire locale au niveau nasal peut même suffire à diminuer la virulence du virus, voire à l’arrêter. Le Dr Eric LORRAIN recommande :

La porte d’entrée principale de ce virus étant le nez, nous avons donc tout intérêt à préserver la muqueuse nasale, bien plus facile d’accès que la muqueuse bronchique ou alvéolaire. C’est là qu’il faut mettre le paquet sur la prévention.

Des gestes simples à adopter pour lutter contre le virus

Dans ce but, voici un protocole simple à mettre en place au quotidien :
Pour ne pas irriter les muqueuses, le lavage des fosses nasales se fait avec une solution saline dite isotonique. Eau de mer, sérum physiologique ou spray tout prêt, l’important est d’irriguer alternativement la narine gauche, puis la droite en se penchant sur le côté et en mouchant chaque narine séparément. A faire matin et soir.

En cas de nez bouché, on privilégiera une solution hypertonique plus riche en sel pour décongestionner (plasma marin hypertonique).
La propolis aussi est intéressante en spray nasal dosé à 3% maximum, ainsi qu’en gargarisme à avaler pour stimuler les muqueuses plus largement.

Il peut également être efficace de se complémenter en vitamine D, car comme le constate le Dr Aline MERCAN, médecin et anthropologue de la santé :

Les personnes supplémentées en vitamine D avec une dose adaptée font beaucoup moins d’infections ORL.

Enfin, gardez en tête certains fondamentaux pour conserver une bonne immunité générale.

  • Ne laissez pas la fatigue devenir chronique : des plantes adaptogènes type ginseng, rhodiole, safran ou éleuthérocoque peuvent vous être proposées par des thérapeutes spécialisés en phytothérapie pour vous aider à remonter votre énergie.
  • Sans oublier le principal : un bon sommeil sans écran avant de dormir, le moins de stress possible et une alimentation équilibrée restent un socle essentiel.

Ces conseils ne se substituent en rien à ce que votre médecin traitant vous a prescrit comme traitement, et ne sont que des solutions d’accompagnement visant à renforcer votre immunité.

 

En conclusion

Chaque personne étant unique, et chaque cas étant particulier, il peut être intéressant de consulter un naturopathe, afin de nuancer ces conseils, en les personnalisant au maximum au travers d’une consultation complète, avec analyse morpho et iridologique, suivie d’un questionnaire portant sur l’alimentation, l’hygiène de vie, le stress et le sommeil au quotidien.

Immunité, synonyme de bien-être